Pascal,
je n'ai pas passé cette nuit de mercredi à jeudi à griffonner comme j'avais l'habitude de le faire depuis toutes ces années ces quelques mots sur ma page blanche.
Ces lignes que je faxais dés le matin du 16 octobre sur Paris ou Morterolles ne seront plus désormais... !
Il arrivait quelquefois d'ailleurs qu'elle n'arriva pas au bon endroit...
Je ne sais pourquoi, mais après le déménagement de la Rue Gabrielle, c'est plutôt vers Morterolles par automatisme que je préférais écrire.
Stéphane avait connu Montmartre mais pas le quai de Bourbon, alors Morterolles me semblait plus approprié ; comme si j'écrivais toujours à vous deux ainsi en fait.
Hier c'était mon Anniversaire, j'ai pensé à vous deux reposant sous la pierre blanche du petit cimetière de Saint Pardoux comme je penses à vous deux aujourdh'ui.
Dans quelques mois Pascal, va sortir le dernier journal...
Mais comment puis-je réaliser qu'il le sera à titre posthume, alors que je suis toujours persuadé que vous allez revenir, et qu'un jour prochain au détour d'un article de presse on pourra lire que tout va bien maintenant et que vous allez faire comme l'on dit "votre rentrée".
Faut-il que les rêves pour moi m'ont toujours semblé plus facile à vivre que la réalité...
BB.


